Entre habitudes de vieux couple et overdose de burgers

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Avant un concert exceptionnel où il a invité ses amis sur scène, le duo helvetico-mauricien de The Two s’est livré, en toute décontraction, notamment sur son quotidien lorsqu’il est sur la route.

Passer quelques minutes à discuter assis dans l’herbe au bord du lac avec The Two, c’était faire un peu plus connaissance avec deux mecs qui se sont rencontrés il y a 8 ans grâce à la musique et qui ne se sont plus lâchés depuis. Et c’était aussi s’offrir un moment de franche rigolade juste avant un concert très spécial lors duquel le duo a pu s’entourer d’amis. «La programmation du Cully Jazz Festival nous a invités à venir jouer au Next Step en nous proposant de faire quelque chose de différent de ce qu’on a l’habitude de faire, raconte Thierry Jaccard, le Lausannois. Pour nous c’était l’occasion de monter tout un projet autour de notre musique avec cinq potes. On est super content de présenter ça et de jouer avec ces gars, mais ça a été beaucoup de boulot pendant deux mois.» Son compère Yannick Nanette lui fait écho. «Ça demande un gros travail d’organisation et de coordination pour pouvoir répéter ensemble, répartir quel musicien reprend quelle partie et comment il le fait, détaille avec une pointe d’accent valaisan le Mauricien arrivé à Sierre en 2010 pour ses études à l’École cantonale d’art du Valais. En tout cas, on n’est pas prêt.» Et ils se marrent.

Ces rires sincères rythment la relation qui s’est créée entre les deux musiciens. Car ils savent qu’ils en ont besoin. «On a fait 60’000 kilomètres ensemble en une année et demi, alors on apprend à gérer notre quotidien, à se reposer, à instaurer des petites habitudes quand on dort chaque nuit dans une chambre qui n’est pas la nôtre», explique Thierry Jaccard. «On arrive aussi à reconnaître les signes quand on est fatigués pour ne pas se prendre la tête, complète Yannick Nanette. On tire les deux à la même corde, parce qu’on a rêvé de ça, de cette carrière.» Le musicien mauricien compare aussi leur aventure à une start-up.

«C’est vraiment une relation de vieux couple, renchérit Thierry Jaccard. On est potes à la base et maintenant on est aussi collègues. On passe plus de temps ensemble qu’avec nos compagnes. Il y a les bons moments, les moments plus durs. On parle beaucoup entre nous, on arrive à bien communiquer l’un avec l’autre. Et peu importe ce qui se passe, on met tout à plat avant de monter sur scène, car il faut qu’on puisse prendre du plaisir et se marrer. Sinon ça ne vaut pas la peine.»

Les deux compères n’ont pas que The Two dans la vie et sont tous deux enseignants en parallèle. «On pourrait presque se contenter de la musique pour vivre, note Thierry Jaccard. Mais on a aussi envie de faire autre chose. Et même si ça nous fait une surcharge de travail, ça nous permet de nous vider la tête.» Et c’est aussi dans leurs vies extra-musicales qu’ils puisent leur inspiration. «Pour raconter le monde, il faut être avec le monde, lance Yannick Nanette. L’artiste, en tant que conteur, ne peut pas rester en vase clos. Il a besoin de s’inspirer ailleurs, de se nourrir.»

De la nourriture spirituelle aux victuailles, le duo n’hésite pas à franchir le pas. «En général, à ce niveau-là, on est plutôt bien accueilli peu importe où l’on joue, reconnaît Thierry Jaccard. Par contre, ça nous est arrivé pendant une tournée de festival en été d’avoir des burgers cinq soirs d’affilée. Les gens pensaient nous faire plaisir, c’est normal. Mais cette fois-là, on aurait juste rêvé d’avoir une salade.» Quand ils ne sont pas sur la route, les deux musiciens aiment cuisiner. «Je prépare des plats de chez moi, comme un petit poisson salé frit avec du riz et des lentilles rouges», s’exclame Yannick Nanette qui soudain utilise le créole mauricien comme pour marquer l’importance de l’argument. Et quand Thierry Jaccard annonce pour sa part adorer cuisiner des plats typiquement romands comme le papet vaudois ou le filet mignon aux morilles, son compère l’interrompt tout sourire: «C’est bizarre, il ne faut pas croire ce qu’il vous raconte, se marre-t-il. Parce que quand je vais chez Thierry, on mange toujours de la pizza.» Et encore un gros fou-rire. Une chose est sûre, avec ces deux-là, la rigolade est toujours au menu. Le public du Next Step a d’ailleurs aussi pu y goûter pendant leur concert.

Posté par Mirko Martino
lundi 16 avril 2018
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