Take the A-Swissmetro

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Parfois, l’économie a du bon. Par exemple, quand son terreau est propice à l’apparition et au développement de gens chouettes qui font du jazz chouette, c’est du bon. En matière de terreau, nous pensons ici aux deux capitales économiques de notre cher pays que sont Genève et Züri, Genf et Zurich: non contentes de posséder chacune un magnifique aéroport international, ces villes cachent également en leurs seins de petites perles du jazz contemporain, la véritable relève welsche et bourbine en matière de jazz chouette.

Du Quai Wilson avec Plaistow à la Bahnhofstrasse en companie de Tobias Preisig, prenons le Swissmetro et fonçons à la découverte de ces jeunes sensations.

Plaistow (mardi 13, Chapiteau)

Plaistow

Plaistow

C’est l’histoire de trois gaillards qui voulaient faire du rock, mais qui se sont retrouvés face à un vrai problème: beaucoup trop de talent pour ça. Alors hop, ils ont décidé d’adopter la formule trio jazz de base (avec un peu d’électricité virile dans la basse, quand même) et de se lancer à la conquête du milieu branché. Jusqu’ici, il faut avouer que ça a pas trop mal marché. Forcément, on évite pas les étiquetages hâtifs et détestables de E.S.T ou de Bad Plus, mais faut bien s’y coller. Et pour une première approche c’est pas si faux: de l’électro des premiers, du rock des seconds, eux ont tout pris, tout digéré, tout recraché. Chez eux c’est du live qu’il faut parler, et c’est en fonction de live qu’il faut penser:

Parce que sur scène, tout est permis. Ces mecs ont tout compris, puisqu’ils mettent toute leur musique joyeusement gratuitement sur le net (par là , jetez vous bande de morfals), sachant très bien que ça ne remplacera jamais le moment et l’étincelle du live. Le même morceau n’est jamais deux fois le même ! Avec eux, on a droit à du mal de nuque en repartant grâce à des méchants riffs qui collent aux neurones pendant des jours, mais on a aussi droit à du grattage de collier de barbe en regard songeur, quand ils partent pour des plages de frotti-frotta avec leurs instruments qui peuvent durer jusqu’au bon quart d’heure bien sonné.
Beaucoup de changement de rythme, beaucoup de choses différentes, du free et du mélodique. Et à l’envi de la bonne drum’n’bass qui cogne, parce qu’il n’y a pas de raison.

C’est plutôt épatant, tout ça. Et le pompon, vous le voulez ? Ça fait pas beaucoup plus de deux ans qu’ils tournent ensemble.
Bon vous avez compris, c’est sensass. Téléchargez-moi ça, apprenez-moi ça par coeur, venez hocher de la tête sous le chapiteau.

Allez-y écouter: http://www.myspace.com/plaistowmusic
Et pour plus d’infos: http://www.edogm.net/plaistow/ (site web assez glucose)

Convaincu ? Achetez les billets ici !

Tobias Preisig (vendredi 9, Sweet Basil)

Allez on embarque, et on se retrouve sur les bords de la Limmat, là où ça parle gravier et où ça rigole assez peu quand il est question de politique ou de gros sous. Ici, rendez-vous avez un… violoniste. Après les frustrés du rock qui se rabattent sur la scène jazz, vous pensez peut-être qu’on va vous rejouer l’enfant miracle des orchestres symphoniques qui fait un malheur dans les soirées Django ? Pas du tout. Tobias Preisig a toujours su ce qu’il voulait, et même si il n’a que 28 balais il suffit de jeter un coup d’oeil au cheptel de distinctions et de collaborations qu’il a déjà amassé pour comprendre que sa carrière frôle jusqu’à présent la perfection. Le violon jazz c’est pas souvent, mais celui-là vous allez vous en souvenir. Sans pleurnicher, sans sautiller, il sert juste en tout beauté à tenir une ligne mélodique époustouflante et à traduire immédiatement un talent pour l’écriture beaucoup trop rare dans notre pays. Voyez plutôt:

Le titre ? Sisi, une gare de Zurich. Pas croire qu’il est déconnecté de la réalité, bien au contraire ! Ses morceaux sont gorgés du quotidien, gardent les pieds sur terre même quand il s’envole dans les impros et monte dans les aigus. Un truc assez adapté à une écoute béate dans les transports publics, collé dans sa bulle de pendulaire.
Le line-up ? Sisi, juste la crème du jazz contemporain helvète: Au piano un certain Stefan Rusconi qu’on a plus vraiment besoin de présenter puisqu’il est venu jouer l’année passée chez nous (On trouve de tout sur le net) , à la basse un certain André Pousaz qu’on a plus vraiment besoin de présenter puisqu’il est venu jouer l’année passée chez nous (ok, un peu mieux caché, derrière Heidi Happy au Next Step).
Alors ? C’est une vraie aubaine de pouvoir revoir d’aussi bons musiciens chez nous, rassemblés derrière ce gaillard au courage sans limites, qui réussit à donner à son instrument une importance qu’on aurait jamais soupçonné dans le jazz actuel. Beauté et talent à déguster frais, et de très très près puisqu’ils jouent dans un caveau pendant toute la soirée. Ah oui parce que je vous ai pas dit: c’est gratuit, c’est au off.

Tobias Preisig (photo de Palma Fiacco)

Tobias Preisig (photo de Palma Fiacco)

Allez-y écouter: http://www.myspace.com/tobiaspreisig
Et pour plus d’infos: http://www.tobiaspreisig.com

Convaincu ? Hé ben passez seulement, c’est ouvert…

Posté par Bureau
lundi 1 février 2010
Catégories
Blabla

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