J’ai la guitare qui me démange…

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On attaque ici en se tournant vers un instrument qui adooore être mis en avant et passer avant les autres. Dans Piccolo Saxo & Cie, elle se promène toute seule dans les bois en s’écoutant jouer elle-même, targuant les autres instruments du haut de sa beauté et de sa suffisance. Ceux qui en jouent sont très régulièrement taxés d’hautains et de méprisants par les autres membres des formations. Voici Madâme la guitare, la noble six-cordes qui nous dévoile ses secrets, électriques, acoustiques, éclectiques, numériques.

Ce soir, guitare ! Arrêtons-nous particulièrement sur 3 gaillards qui résument à eux seuls toute la pluralité de l’objet, proposant 3 styles bien différents et 3 manières d’aborder l’histoire bien à eux: Marc Ribot Sylvain Luc, et Eric Bibb.

Marc Ribot (samedi 17 avril, Chapiteau)

On le qualifie généralement de pape de l’underground new-yorkais. Et pour cause, le monsieur fait partie de cette clique de nouveaux musiciens de la grande pomme qui ont du mal à s’arrêter à une formation et à un style, et qui préfèrent voir leur carrière comme un foisonnement de collaborations, de featurings et d’occasions pour toucher à tout, tout le temps. Histoire de, rappelons rapidement qu’il est un des guitaristes attitrés d’un certain John Zorn, gage de qualité, sinon d’exploration et d’innovation s’il en faut !
Son intérêt majeur est le son qu’il extirpe de ses guitares, un son crade et minutieusement travaillé malgré une première impression de va-vite. Il ose des effets et des distorsions que peu n’essayent dans la rubrique « jazz », et grâce à un jeu hyper nerveux, toujours sur la corde raide et compulsif, il obtient un style inimitable, reconnaissable généralement dès les premières notes.

Marc Ribot

Marc Ribot

Qui l’a déjà vu sur scène (peut-être vous en 2005 par exemple, il a déjà foulé les planches de notre Chapiteau à plusieurs reprises) en garde un souvenir de spontanéité et de proximité. Dans un vieux cuir increvable, il s’assied en enlevant les clés de ses poches et en mâchant un vieux chewing-gum, pas trop stress. Ses mouvements saccadés et crispés accompagnent ses impros violentes et chaotiques quand il le faut, mais son jeu reste la plupart du temps relax et rythmique à merveille pour se marier au mieux avec la formation qu’il intègre.

Et ça, c’est une manière de faire qui nous rappelle quelqu’un d’autre, qui adopte à peu près la même attitude avec un tout autre instrument: Lucien Dubuis, le saxo biennois avec lequel il s’amuse comme un petit fou sur scène, et avec lequel il vient d’enregistrer un nouvel album:

Donc sur scène pour clore le festival, vous aurez droit à la version scénique de cette joyeuse boucherie. Mais Marc Ribot nous réserve encore bien d’autres surprises pour la soirée, puisqu’il y jouera également avec son trio actuel, et pas des moindre: il s’entoure à cette occasion de deux autres monuments du jazz, qui appartiennent à une génération bien différente: Mister Henry Grimes on bass, et mister Chad Taylor on drums !

Allez-y écouter: http://www.myspace.com/marcribotmusic
Et pour plus d’infos: http://www.marcribot.com

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Sylvain Luc (Samedi 17 avril, Temple)

sylvain-luc

sylvain-luc

Le même soir, loin des remous pleins de distorsion et de rock’n’roll du Chapiteau, la guitare se décline sous son aspect classique et noble, au temple.
Entre les mains de Sylvain Luc, l’instrument prend un aspect clairement plus sacré, presque mythique. Une fusion tactile et délicate entre les mains et le bois, entre les doigts et l’acier des cordes, dans un exercice qui touche à l’extase et à la méditation virtuose. En solo, il s’amuse à couvrir toute la gamme chromatique, à remplacer à lui seul tous les éléments d’un groupe, à remplir l’ensemble de l’espace sonore. Et ça fonctionne plutôt pas mal.
Faites connaissance avec le monsieur:

Il parle de « flux », il explique son nouvel album, sa genèse et ses inspirations.
Il parle de sa musique, guitare en main, chez lui, du fond de son canapé. Vous y apprendrez tout, mieux que par mes lignes tarabiscotées. Et honnêtement, que rêver de mieux dans notre Temple ?

Allez-y écouter: http://www.myspace.com/sylvainlucofficial
Et pour plus d’infos: http://www.sylvainluc.fr/

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Eric Bibb (Samedi 10 avril, Next Step)

Eric Bibb

Eric Bibb

Blues !
Hé oui, Eric Bibb est notre artiste bleu de 2010. On avait eu Lucky Peterson au clavier, on a eu John Hammond Jr l’année passée, aussi à la gratte à la l’harmonica. Eric Bibb vient tout d’abord avec ses cordes vocales et son chapeau plat, parce que chez lui ça se fait comme ça:

Ouais, vous avez compris: structures blues, gammes blues, trémolos blues, feeling blues. J’en avait déjà parlé pour John Hammond, cette musique est une histoire de possession: on ne devient pas bluesman, il faut être possédé. Et Eric l’est, il est tombé dedans quand il était petit. Un père chanteur qui a écrit les lettres de noblesse de la musique folk new-yorkaise des années 60, un oncle pianiste… Histoire d’un enfant prodige, qui n’a pas lâché sa gratte depuis qu’il sait marcher. Eric baroude, il roule sa bosse en Norvège, croise les grands noms de la branche, ouvre pour Ray Charles, et enregistre des albums qui sont immédiatement devenus des balises incontournable d’un genre séculaire qu’on épuise plus, mais qu’on déguste comme un vieux scotch.
Délicieux antidote à un Popa Chubby qui terrorise les ingénieurs sons en jouant trop fort, Eric Bibb puise dans les racines de sa branche, celles qui remontent au début du siècle, à ses ancêtres. Il transmet tout ça, du bout des ongles et du fond de son ventre. Rangé dans les bacs du « blues acoustique », gratifié des reconnaissances les plus prestigieuses de la planète, tout ce battage médiatique perd immédiatement son sens quand il se met à chanter et à jouer.

Allez-y écouter: http://www.myspace.com/ericbibb
Et pour plus d’infos: http://www.ericbibb.com/

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Posté par Bureau
lundi 25 janvier 2010
Catégories
Blabla

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