Ein Ausflug nach Willisau, épisode 3

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Oui, donc. Willisau. La raison de mon regrettable manque de professionnalisme et du non-suivi de cette saga est très simple: vendredi j’ai repris le train depuis Lucerne avec ma tente sur le dos, et j’ai profité de tester l’option camping dans un festival de jazz, chose quasi impensable en welschland. Hé bien, je n’ai pas été déçu. Les suisse-allemands ont la culture du camping on le sait, mais à ce point j’étais loin de l’imaginer. C’est la sortie de couple annuelle, Willisau, façon Palavas-les-flots avec un peu de jazz dedans, alors on sort les grands moyens, la table pliante, les stocks de bon rouge, les macaronis du chalet au bleuet, et bien sûr, la purée de pommes. Et alors les douches collectives avec les vieux monsieur qui aiment le jazz, autant dire que ça m’a changé des debriefings une bière à la main à la fin d’une journée de frisbee. Bref, pour dire, il n’y avait pas de connexion sur place, et de toute façon j’en aurais pas cherché. Là. Je peux continuer ?

Vendredi. Elina ! Toujours aussi éblouissante, de plus en plus en symbiose avec son magnifique trio. Ils ont pris de la bouteille, depuis, et surtout on voit que les 3 ont encore plus réussi à saisir l’essence de cette musique de l’est, ils ont maintenant complètement compris comment la personnifier et la transformer en or brut. Les parties instrumentales m’ont paru encore plus époustouflantes qu’à Cully, et le nouveau programme qu’ils nous servent s’avère encore plus mûri, encore plus maîtrisé que le précédent. Sur la bonne pente, comme on dit…

Après, j’avais rendez-vous avec un de ces barons de la branche dont j’ignorais tout jusqu’à son nom. James Ulmer, James ‘Blood’ Ulmer pour tout dire. Labelisée « Ballads & Blues », je m’attendais à la traditionnelle salade en 12-bar, aux 1-4-5 envolés et autres pentatoniques de rigueur. Que chi. Déjà visuellement, l’agression: complètement balancé sur le côté droite de la scène, le trio s’est serré de manière absurde pour laisser un immense vide qui engloutit le regard sur la gauche. Les deux amplis à taquet posés par terre ne remplissent que l’espace sonore, j’ai eu l’impression de tomber à la renverse en permanence. En fait, c’était pas qu’une impression. L’Eichhof a eu raison de mes paupières, et c’était difficile de se faire bercer par ces compositions terriblement hendrixiennes, franchement crades. La rythmique est pas vraiment accessible non plus, le bassiste frétille et le batteur ne lâche pas sa quincaillerie. Difficile.
Je me laisse convaincre (facile, vu mon état) par une exploration du Next Step local, version réduite et payante (!), pour y découvrir un quatuor punchy qui nous sert du beat lourdingue sur des riffs à la mode. Electric Blanket qu’ils s’appellent, et la jeunesse du bled apprécie. Moi aussi, parce que c’est trop fort et que c’est tout petit, debout. Je me rappelle pas de la suite. J’ai bien dormi.

Posté par Bureau
lundi 31 août 2009
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Blabla

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