Et pas de mal à nos oreilles non plus. Aux enceintes, par contre, c’est à voir: on était plutôt dans le rouge au niveau des potentiomètres de la table des retours.
Faut dire qu’il a plutôt de la voix, Sly Johnson. Et quand il passe vers l’ingé son avant son rappel pour lui dire simplement « La purée ! », on comprend que ça va pas être de la dentelle pour celle-là, encore.
Blague à part, c’était très chouette. Avec Philippe Garcia ils ont vraiment pris de la bouteille, les deux, et je pense honnêtement que les chaises étaient de trop.
La poésie ce soir j’y arrive pas, mais pour ça, il y a les photos de Didier:
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Bon, j’avoue mon parti-pris tout-de-go, Avishai Cohen c’était un des concerts que j’attendais avec le plus d’impatience de tout le festival. J’étais tombé absolument amoureux de son album en trio, Gently Disturbed, et j’en attendais tant de ce mélange jazz – classique virtuose et puissant…
Hé bien voilà, la claque une nouvelle fois. Mais pas sur la droite, sur la gauche, celle du coeur: ça m’a retroussé à peu près les mêmes vertèbres que celles qui avaient ramassé devant Anouar Brahem.
Avishai est venu avec sa nouvelle formation, et comme il l’a si bien expliqué il étrenne juste une nouvelle formule, un nouvel album, des nouvelles compositions, un projet qui s’appelle Aurora et qu’on a tous découvert ce soir…
Des musiciens jeunes, très jeunes, incroyablement talentueux… Les mots me manquent (sans blague), et je pourrais recommencer à broder sur le terme de Beauté, mais en fait j’ai pas envie. C’est le genre de concert tellement émouvant qu’on se sent tout petit, avec son alphabet à 26 lettres et son vocabulaire défini. J’ai pleuré 3 fois.
Notre chapiteau a aimé aussi. Il a même essayé de chanter avec, par moments, et l’ensemble a joliment pris des airs de Nave Va…
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Hop, Jean-Denis vous donne bien bien plus envie que moi d’y avoir été:
Donc oui, c’était hier soir. Ils étaient 5, mais si on compte les 4 garçons dans le vent avec eux ils étaient 9. Pas besoin d’en dire beaucoup plus, Carine et Benoit se chargent des présentations au début de l’enregistrement.
Après, c’est 14 minutes de musique, comme si vous y étiez. Fermez les yeux…
« J’y crois pas ». Et on comprend Malcolm Braff. Pendant la nuit de mardi à mercredi, un court-circuit a grillé le Fender Rhodes au Caveau des Vignerons. Vers 4h20 du matin, la Police a reçu un appel d’un habitant su une drôle d’odeur émanant de ce haut-lieu du festival. L’organisation du off, dépéchée sur les lieux, n’a pu que constater l’étendue des dégâts.

Le caveau démeurera exceptionnellement fermé jusqu’à nouvel ordre.
EDIT: naturellement qu’il s’agissait d’un poisson d’avril
Ça fait plus d’une quinzaine d’années qu’il vient très régulièrement au festival, mais hier soir pour la première fois, Erik Truffaz nous a fait l’honneur de venir jammer aux Vignerons. Il a joué avec le trio, et puis les quatre ont été rejoins par Joe Lovano, le saxo ténor qui sortait tout juste du Chapiteau.
Quand Benoit lui a demandé plus tard ce qui l’avait poussé à enfin franchir la porte du caveau, il a simplement répondu:
Moi je vais pas au caveau quand on ne peut pas y entrer. Je suis mieux dans une chambre d’hôtel avec Neil Young et une tisane !
C’est quand même rigolo, ce jazz: ce soir c’était labelisé All Stars, grandiloquence, prestige et tout le tintoin, featuring que des gros bras qui ont des références musicales à faire pâlir de honte n’importe quel prof de conservatoire, avec force label de qualité et assurance-vie sur la virtuosité…
Et puis quoi ? Ron Carter, bassiste attitré de sieur Miles (au passage) est venu à Cully les mains dans les poches, littéralement. Ses musiciens aussi, ses potes de Blue Note également. Il a 45 ans de carrière derrière lui, mais prend ce qu’on lui donne, joue dessus et fait une soirée de miracle: en l’occurrence, la grand-mère de la Swiss Cheese (et celle-là si elle pouvait parler je vous jure que…).
De l’aveu même de notre stage manager: le seul truc que les All Stars de ce soir ont pris avec eux, excepté les cuivres, c’est leurs costards trois pièces, impeccablement repassés. Tout le reste, c’était là, ça traînait. Transformer du plomb en or, ça vous dit quelque chose ? Et allez, pourquoi pas: le jazz c’est l’alchimie résolue, le tout ex-nihilo, l’univers repensé d’un bout de bois…
De quoi se souvenir avec un petit sourire du rack à guitares de mademoiselle Hunger, hier soir, qui devait bien faire la taille d’un stand à gaufres et de l’armada de foutraille spécifique qui jonchait la scène à n’en plus savoir la couleur des planches (bleu).
Non, ce soir c’était regards complices, grands éclats de rire sur scène pour saluer les solis des petits copains, et les vents qui jouaient sans retour. À quoi bon ? Quand on a un trésor dans les mains, pas besoin de sous-marin atomique pour aller chercher un bout de ferraille dans les bas-fonds.
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