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	<description>En direct du festival</description>
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		<title>Here we go, Willisau !</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Sep 2010 22:33:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Arnaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[En balade...]]></category>

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		<description><![CDATA[Ben oui, on y est retourné. Comme il paraitrait que les vaudois n&#8217;aiment pas beaucoup le changement et que l&#8217;année passée c&#8217;était plutôt chouette, il y avait pas de raison de se priver.
Cette fois c&#8217;était en apnée et en autarcie, avec la tente sur le...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ben oui, on y est retourné. Comme il paraitrait que les vaudois n&#8217;aiment pas beaucoup le changement et que l&#8217;année passée c&#8217;était plutôt chouette, il y avait pas de raison de se priver.<br />
Cette fois c&#8217;était en apnée et en autarcie, avec la tente sur le dos et les joies du camping humide qui vont avec (quelle idée aussi de camper en suisse centrale). D&#8217;où le regrettable retard de ce feedback.</p>
<p>Le manque total de promotion, lui par contre reste absolument inexcusable. Alors on écrit dores et déjà pour 2011:</p>
<p style="text-align: center;"><strong>NE PAS OUBLIER DE FAIRE DE LA PROMO POUR WILLISAU SUR LE BLOG, PARCE QUE C&#8217;EST VRAIMENT UN FESTIVAL GENIAL.</strong></p>
<p style="text-align: left;">Alors voici les compte-rendus, jour après jour:</p>
<p style="text-align: left;"><a href="http://blog.cullyjazz.ch/?p=933" target="_self">- Mercredi 25 août: baptême du feu pour la relève et peurs</a></p>
<p style="text-align: left;"><a href="http://blog.cullyjazz.ch/?p=930" target="_self">- Jeudi 26 août: les vieux potes et les bons souvenirs</a></p>
<p style="text-align: left;"><a href="http://blog.cullyjazz.ch/?p=927" target="_self">- Vendredi 27 août: Welsches gut, Norvegen nicht gut.</a></p>
<p style="text-align: left;"><a href="http://blog.cullyjazz.ch/?p=923" target="_self">- Samedi 28 août: le film de l&#8217;après-midi, le showman, la claque parisienne et la sieste. </a></p>
<p style="text-align: left;"><a href="http://blog.cullyjazz.ch/?p=920" target="_self">- Dimanche 29 août: la création et l&#8217;apocalypse</a></p>
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		<title>Willisau 2010, mercredi 25 août</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Sep 2010 22:22:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Arnaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[En balade...]]></category>

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		<description><![CDATA[Mercredi 25 août: baptême du feu pour la relève et peurs.
Milieu de semaine. Train pendulaire hyperclimatisé qui ramène les gens fatigués chez eux, dans l&#8217;arrière pays. J&#8217;ai trois sacs et de quoi tenir la fin de la semaine, matériel de spéléo et de plongée inclus....]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>Mercredi 25 août: baptême du feu pour la relève et peurs.</strong></span></p>
<p>Milieu de semaine. Train pendulaire hyperclimatisé qui ramène les gens fatigués chez eux, dans l&#8217;arrière pays. J&#8217;ai trois sacs et de quoi tenir la fin de la semaine, matériel de spéléo et de plongée inclus. La tente est plantée de manière professionnelle en cinq minutes, et la wurst gobée en un temps record grâce à l&#8217;aide d&#8217;une énorme bière de mouture locale. On est posés, ça peut commencer.</p>
<p>On s&#8217;en rend pas compte depuis l&#8217;extérieur comme ça, mais cette 36ème édition de festival, c&#8217;est une petite révolution dans le Napf: le festival est né il y a 35 ans des blanches mains d&#8217;un certain Niklaus Troxler (<a href="http://blog.cullyjazz.ch/?p=403" target="_blank">dont j&#8217;ai déjà parlé d&#8217;ailleurs</a>), qui s&#8217;est occupé jusqu&#8217;à l&#8217;année passée de l&#8217;exhaustif de la programmation, et donc de la ligne directrice et artistique de toute la manifestation. L&#8217;année passée, ciao bonne. Il a remis les clés à son neveu, un certain Arno, qu&#8217;on connait pas trop mal depuis quelques temps <a href="http://www.myspace.com/arnotroxler" target="_blank">grâce à ses qualités d&#8217;excellent batteur</a>, mais qui doit faire ses armes depuis son bureau de programmateur.<br />
Lorsqu&#8217;il débarque sur scène pour présenter le premier groupe donc, l&#8217;émotion est palpable. Je m&#8217;apprête à avoir un résumé succinct de son curiculum vitae et me voir exposer en 16 points la raison de sa joie présente d&#8217;être sur scène pour nous grüetzier à tout va, mais c&#8217;est mal connaître les habitudes de la maison: deux phrases, pas une de plus. &laquo;&nbsp;Bienvenue au 36ème jazz festival de Willisau. Ça me fait plaisir de commencer avec le Mary Halvorson Trio.&nbsp;&raquo; Et de nous présenter tout sec les 3 musiciens qui entrent sur scène pour commencer à jouer.</p>
<p>Et c&#8217;est là que je comprends l&#8217;astuce, suivez bien: histoire de faire les choses en douceur, le neveu a invité en ouverture la formation d&#8217;une guitariste new-yorkaise qui se trouvait… sur la même scène l&#8217;année passée, en clôture du dernier festival de son tonton. <strong>Mary Halvorson</strong> croisait le fer avec Marc Ribot dans son projet Sun Ship (mais si, <a href="http://blog.cullyjazz.ch/?p=403" target="_blank">rappelez-vous</a>), elle est maintenant <a href="http://www.myspace.com/maryhalvorsontrio" target="_blank">avec son propre trio</a> pour nous montrer ce qu&#8217;on sait faire quand on a 28 ans.<br />
La réponse: pas grand chose. Le programme nous promettait un fin mélange de nu-jazz new yorkais avec du rock expérimental, j&#8217;y vois surtout une sacrée soupe de free mal maîtrisé.  Pas facile de se rendre à Willisau géographiquement, pas facile de rester concentré pour ce premier set. Et surtout, cette question qui me terrorise: comment vais-je pouvoir tenir 5 jours de festival avec un backdrop aussi atroce devant les yeux ? L&#8217;op-art est de retour, les amis ! Ce trou noir dans l&#8217;histoire de l&#8217;art qui n&#8217;a plu qu&#8217;à des babas sur le retour dans les décennies où on consommait un peu trop, et qui devrait rester confiné aux réserves des institutions dont c&#8217;est le boulot de le confiner, le voilà revenu en fond de scène pour nous vriller les yeux. Tentative ratée de rester cohérent avec l&#8217;affiche et avec les structures du reste de la salle, tout est lignes et points géométrisés à outrance, à vous bousiller les prunelles et faire penser qu&#8217;on a placé un immense radiateur sur la scène parce qu&#8217;il fait trop froid. Et si je peux critiquer, c&#8217;est parce que je sais que le graphisme est une tradition qui remonte aussi loin que le jazz, à Willisau. Bref, l&#8217;entrée en matière est ratée.</p>
<p>Le second groupe de la soirée est précédé dans mes neurones par sa réputation: <a href="http://www.myspace.com/phallfatale" target="_blank"><strong>Phall Fatale</strong></a>, j&#8217;en ai beaucoup entendu parlé en capitale, et j&#8217;en attends un réconfort bien mérité. Le line-up a tout pour séduire, avec deux contrebasses (il faut le voir et surtout l&#8217;entendre pour le croire), deux vocalistes qui aiment faire joujou avec l&#8217;électro et les clavier vintages, et surtout, au centre, <a href="http://www.myspace.com/fredystuder" target="_blank">Fredy Studer</a> aux fûts, sorte de superstar alémanique de la batterie assez fou et courageux pour monter des projets électro jazz avec les Young Gods (entre autres).<br />
L&#8217;intro est assurée par les grands-mères, à l&#8217;archet. La salle menace de s&#8217;effondrer et l&#8217;ambiance est bonne. Monsieur Studer est à la hauteur de son succès, et sans payer de mine mais avec de véritables barres à mine à la place des bras, il propulse la formation dans des frénésies frôlant la drum&#8217;n'bass de bon tonneau qui ne déplaît nullement. Devant, ça se gâte un petit peu: <a href="http://www.myspace.com/oyrempong" target="_blank">Joy Frempong</a> (que je n&#8217;adule vraiment pas de base) s&#8217;est simplement dédoublée, et son acolyte souffre du même problème que le sien: celui de gâcher son savoir faire en étirant l&#8217;expérimentation de manière totalement inutile et en se perdant dans d&#8217;interminables démonstrations de technicité qui gomment tout sens et tout plaisir.</p>
<p>Un petit zoom en arrière, et je m&#8217;aperçois qu&#8217;en réalité c&#8217;est le seul constat à faire pour l&#8217;ensemble de cette première soirée: Symptomatique d&#8217;une école de jazz relativement jeune qui cherche avant tout à faire ses preuves et innover sans s&#8217;interroger sur le sens de le faire, tous ces excellents musiciens gâchent des idées pourtant très séduisantes en voulant inutilement prouver une maturité précoce à l&#8217;aide d&#8217;un discours mal maitrisé de bruitisme et de pseudo free jazz expérimental. Dommage, deux fois dommage pour ces deux groupes d&#8217;ouverture. Mais rassurez vous, j&#8217;ai bien dormi quand même.</p>
<p><a href="http://blog.cullyjazz.ch/?p=930" target="_self">La suite c&#8217;est jeudi et c&#8217;est par là</a></p>
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		<title>Willisau 2010, vendredi 27 août</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Sep 2010 22:21:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Arnaud</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Vendredi 27 août: Welsches gut, Norvegen nicht gut.
Le lendemain, il roye à verse. On avait prévu une chouette randonnée, on rapatrie à la maison pour une chouette douche chaude. C&#8217;était pas mal non plus.
Le soir, encore des copains, encore un peu des romands: le premier...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>Vendredi 27 août: Welsches gut, Norvegen nicht gut.</strong></span></p>
<p>Le lendemain, il roye à verse. On avait prévu une chouette randonnée, on rapatrie à la maison pour une chouette douche chaude. C&#8217;était pas mal non plus.</p>
<p>Le soir, encore des copains, encore un peu des romands: le premier groupe de la soirée s&#8217;appelle <a href="http://www.myspace.com/napalmthree" target="_blank"><strong>(na)Palmt(h)ree</strong></a>, et je serais absolument heureux que vous les connaissiez déjà puisqu&#8217;ils ont joué au <a href="http://www.cullyjazz.ch/fr/edition-2010/festival-off/lieux-du-off/das-schlagzeug/" target="_blank">Schlagzeug</a>, chez nous, ce printemps. Des cinglés qui s&#8217;amusent à bien faire fonctionner l&#8217;improbable formule basse &#8211; batterie &#8211; trombone, et qui arrivent à me surprendre à chacune de leur nouvelle apparition scénique. Pour le coup, ça rate absolument pas. Fred Bürki (batteur et meneur de l&#8217;équipe) a fait les puces entre temps, et s&#8217;est acheté des vieux machins qui font des bruits un peu bizarres à côté de ses fûts. C&#8217;est très bien vu: ça donne à la fois du piment et à la fois un souffle bienvenu au set, toujours menacé par un risque d&#8217;asphyxie vu le manque d&#8217;instrument harmonique. Ces gadgets assez glucoses permettent de trouver un équilibre encore meilleur que jusqu&#8217;à présent, et on assiste vraiment à de l&#8217;alpinisme en cordée à 3: en permanence au bord d&#8217;un gouffre, lorsque l&#8217;un tombe, les deux autres sont là pour le retenir et assurer la bonne marche de l&#8217;histoire. Mention spéciale pour un morceau tout calme et tout tendre entre bassiste et trombone, brouillé par une recherche de fréquences hasardeuses sur un récepteur longues-ondes. Splendide image d&#8217;un grand écart entre compositions classiques et écoute attentive des murmures continuels du monde environnant.</p>
<p>Le second groupe de la soirée c&#8217;est la rencontre de la chanteuse <strong>Sidsel Endressen</strong> avec le duo norvégien <a href="http://www.myspace.com/humcrush" target="_blank"><strong>Humcrush</strong></a>. Je crois qu&#8217;il est plus judicieux de retranscrire ici l&#8217;échange de SMS que j&#8217;ai eu avec ma copine après 25 minutes de concert:</p>
<blockquote><p>- Hello, je serai à 23h à Willisau. Je bois un verre ou je fais un sieste en attendant que le concert soit fini. À toute !<br />
- Je te retrouve dehors pour une bière. Les gens sur scène ont pris beaucoup trop de drogue. À toute !</p></blockquote>
<p>Quand on dit &laquo;&nbsp;à toute&nbsp;&raquo; à Willisau un vendredi soir, en général ça signifie qu&#8217;on va aller se finir au Late Spot, concert après les concerts organisé dans un endroit plus cosy du lieu. Et cette année c&#8217;est <a href="http://b-sides.ch/blog/" target="_blank">le festival B-Sides</a> qui est responsable de la programmation, et comme ça doit être la manifestation de rock la plus couillue de suisse centrale, l&#8217;offre est à la hauteur. Devinez quoi, c&#8217;est des romands qui ont été choisis, et pas n&#8217;importe lesquels: les lausannois de <a href="http://www.myspace.com/honeyforpetzi" target="_blank"><strong>Honey for Petzi</strong></a>, responsables (entre autres) de mes premières éjaculations précoces sur de la musique progressive il y a de ça trop longtemps pour calculer. Inutile de dire qu&#8217;on s&#8217;est mis en mode <em>Vollgas</em> et qu&#8217;on en a pas perdu une miette. Mais là, je ne me risquerai en aucun cas à une analyse détaillée de leur concerts, avec ces mecs là c&#8217;est pas vraiment possible de décrire ni d&#8217;écrire quoi que ce soit. Juste relater qu&#8217;ils viennent d&#8217;enregistrer un nouvel album (enfin !), qu&#8217;ils ont recruté un quatrième homme de main pour soutenir certains trucs au clavier, et donc que la grande majorité de leur répertoire m&#8217;était totalement inconnu. Plus à l&#8217;aise dans les vieux tubes (si tube signifie connu de l&#8217;arc lémanique et des freaks du post-rock de première heure) que dans leurs nouveaux morceaux, surtout au niveau maîtrise sonore (sonique ?), leur concert était comme d&#8217;habitude beaucoup trop court et m&#8217;a laissé avec un mal de nuque pour les 48 heures à venir. Bref, tout bien.</p>
<p><a href="http://blog.cullyjazz.ch/?p=923" target="_self">La suite c&#8217;est samedi et c&#8217;est par là</a></p>
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		<title>Willisau 2010, samedi 28 août</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Sep 2010 22:21:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Arnaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[En balade...]]></category>

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		<description><![CDATA[Samedi 28 août: le film de l&#8217;après-midi, le showman, la claque parisienne et la sieste.
Le week-end franchement attaqué, on passe aux choses sérieuses. Du pain sur la planche en ce samedi pluvieux, quatre concerts à enchaîner et une nuit humide et froide à digérer. Rien...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>Samedi 28 août: le film de l&#8217;après-midi, le showman, la claque parisienne et la sieste.</strong></span></p>
<p>Le week-end franchement attaqué, on passe aux choses sérieuses. Du pain sur la planche en ce samedi pluvieux, quatre concerts à enchaîner et une nuit humide et froide à digérer. Rien de tel qu&#8217;un petit déj aux alentours de midi devant <a href="http://www.jazzfestivalwillisau.ch/programm/zeltbuehne/pablo%E2%80%99s-boutique/" target="_blank">un groupe recruté </a>pour jouer des standards durant tout le festival sous la tente restaurant, histoire de se remettre d&#8217;aplomb.</p>
<p>À 14 heures, on y retourne. Ils sont beaucoup sur scène, leur projet s&#8217;appelle <strong>Force Majeure</strong>, le leader est <a href="http://www.myspace.com/felixprofos" target="_blank">Felix Profos</a>. Inconnu au bataillon ? Normal, il sort pas vraiment de la famille jazz, mais de la musique contemporaine. Une bonne idée ? Il a lui aussi recruté deux contrebasses, deux saxos, une pianiste (Vera Kappeler, seule tête connue de la troupe) et un batteur pour jouer ses compositions. La salle est un peu plus remplie que les jours précédents. Dehors, la météo reste capricieuse (voire dégueulasse), dedans, c&#8217;est chaud et moite. En fait, c&#8217;est le film du samedi après-midi. Vous savez, celui qu&#8217;on va voir quand on a rien d&#8217;autre à faire, par ces jours pluvieux de légère gueule de bois, où le trajet jusqu&#8217;au cinéma vous trempe jusqu&#8217;aux os et vous fait vous recroqueviller sur votre siège pour essayer de laisser les habits sécher sur la bête tant bien que mal. Exactement comme ça: on se laisse complètement sortir de la réalité et on se fait emmener par les images qui se déroulent devant soi. Splendide moment ! Le volume est douillet lui aussi, et l&#8217;utilisation que fait Felix Profos de chaque instrument à sa disposition est parfaitement intelligente et délicate. Le programme est donné en début de set, neuf titres aux noms évocateurs comme <em>Dorf, Dunkles Hotel</em> ou <em>Medizin</em>. Une réussite totale à mon goût, qui n&#8217;est pas partagé par la délégation vaudoise débarquée dans la matinée. Pour une fois, tant pis pour eux et tant mieux pour moi !</p>
<p>La star de la fin d&#8217;après-midi s&#8217;appelle <a href="http://www.myspace.com/therealrobertglasper" target="_blank"><strong>Robert Glasper</strong></a>. Il est jeune, talentueux, pianiste, new-yorkais, a bonne presse et débarque sur scène répondant à son iPhone d&#8217;une main, buvant une bouteille de blanc au goulot de l&#8217;autre. Même si ce deuxième geste exclu immédiatement et sans révocation envisageable toute possibilité de l&#8217;inviter en Lavaux, on écoute quand même, par politesse. Et puis, on s&#8217;endort. Parce qu&#8217;à part le show, il ne se passe pas grand chose sur scène, peu d&#8217;écoute au sein du trio et peu de relief dans les morceaux. L&#8217;<em>entertainement</em> à l&#8217;américaine ça va dix minutes, mais à la cinquième sommation d&#8217;acheter son disque (qui d&#8217;ailleurs est sorti sur Blue Note, merci de la précision) on repique du nez. Chiant.</p>
<p>Après deux heures de pause et un curry rouge, on revient dans la salle pour se prendre la baffe la plus majestueuse du festival. Le bourreau s&#8217;appelle <strong>Emile Parisien</strong> (ne cherchez pas son origine trop loin), et il a recruté <a href="http://www.myspace.com/emileparisien" target="_blank">son quartette</a> pour faire boucherie pendant une heure et demie. Tout l&#8217;héritage free est appelé à témoin, avec une halte un peu plus longue chez Coltrane et ses potes. Tout est basé en crescendo, rythmiquement c&#8217;est absolument fascinant, et au niveau de l&#8217;énergie dépensée c&#8217;est incomparable aux pâles concerts d&#8217;ouvertures du mercredi soir. À l&#8217;écoute de ce concert et à la réaction du public, on réalise à quel point Niklaus Troxler a fait un boulot admirable dans cette bourgade lucernoise: plus que simplement supporter et juger patiemment la prestation, le public adore et adhère plein pot. Emile Parisien s&#8217;essaye en anglais pour présenter ses musiciens et les titres tarabiscotés de ses compositions, à la deuxième intervention ces braves suisse-allemands hurlent &laquo;&nbsp;En français !&nbsp;&raquo; tellement son accent est imbuvable. On le lui pardonne, ceci et même plus lorsqu&#8217;on assiste à cette déflagration scénique géniale qui ose jusqu&#8217;à reprendre une miette de <em>Tristan et Iseut</em>, excusez du peu. Standing ovation. Les français n&#8217;en reviennent pas, mais reviennent quand même en faire une. Le moment de folie du festival, incontestablement !</p>
<p>Après ça, difficile de reprendre les planches. Je pense que n&#8217;importe quelle formation aurait fait l&#8217;effet d&#8217;un pétard mouillé en lieu et place de <a href="http://www.myspace.com/christophgrabssciencefictiontheater" target="_blank"><strong>Science Fiction Theater</strong></a>, pas de bol, c&#8217;est eux qui s&#8217;y sont collé. Pourtant, c&#8217;était loin d&#8217;être mal parti. Le programme m&#8217;avait mis l&#8217;eau à la bouche, et en réalité j&#8217;en attendais plus d&#8217;eux que des parisiens. Aux premières notes j&#8217;ai commencé à me dire que ça serait le couronnement de cette chouette journée, la troisième découverte qui allait supplanter les deux premières. C&#8217;est rock, c&#8217;est inspiré musiques de films, c&#8217;est assez énergique et surtout ça sonne enfin décomplexé, sans peur de faire des choses efficaces mais simples juste pour le fun. Et en plus, le bassiste a un t-shirt du <a href="http://www.fornoise.ch/" target="_blank">For Noise</a>. Alors quoi ? Je pense d&#8217;abord à un nouveau <a href="http://www.myspace.com/lesacredutympan" target="_blank">Sacre du Tympan</a> formule réduite et efficacement épurée, mais après deux morceaux ça retombe comme un soufflé au fromage sorti du four. Le tout manque de relief et de clarté, le son est brouillon et à part la basse assez claquante pour se démarquer du lot, le reste se coupe un peu les fréquences et ressort mal. Les structures sont rigides et assez rapidement lassantes, et là ou un Fred Pallem s&#8217;autoriserait n&#8217;importe quel solo ou bridge pour laisser une émotion s&#8217;épancher complètement, ici on s&#8217;enferme dans la crainte de ne pas en faire assez. Paradoxe qui fout tout en l&#8217;air, le résultat est décalé et ne réussi pas à tenir l&#8217;oreille aux aguets. Faut dire qu&#8217;après la déflagration qu&#8217;on s&#8217;est pris dans la tronche en première partie de soirée, notre oreille n&#8217;a plus envie de grand chose d&#8217;autre que le doux bruit des gouttes de pluie sur la toile de tente.</p>
<p><a href="http://blog.cullyjazz.ch/?p=920" target="_self">La suite et fin c&#8217;est dimanche et c&#8217;est par là</a></p>
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		<title>Willisau 2010, dimanche 29 août</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Sep 2010 22:20:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Arnaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[En balade...]]></category>

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		<description><![CDATA[Dimanche 29 août: La création et l&#8217;apocalypse
Le soleil a refait son apparition, on a brunché en plein air. Dernier regain d&#8217;énergie avant d&#8217;attaquer cette dernière paire de concerts et de revenir à la réalité, celle qui se cache derrière les collines qui entourent le bled.
Début...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Dimanche 29 août: La création et l&#8217;apocalypse</span></strong></p>
<p>Le soleil a refait son apparition, on a brunché en plein air. Dernier regain d&#8217;énergie avant d&#8217;attaquer cette dernière paire de concerts et de revenir à la réalité, celle qui se cache derrière les collines qui entourent le bled.</p>
<p>Début d&#8217;après-midi, fréquentation dominicale à la hausse. J&#8217;en ai pas parlé jusqu&#8217;à présent, mais niveau chiffres et remplissage, c&#8217;était pas vraiment ça cette année. Ça n&#8217;a pas l&#8217;air d&#8217;inquiéter outre mesure les têtes pensantes de la manifestation (mes sources sont les papiers locaux), moi ça me faisait quand même grimacer chaque fois que j&#8217;entrais dans cette salle remplie péniblement jusqu&#8217;à la régie. Peu importe, on peut toujours se dire qu&#8217;à la quantité on garde la qualité, et pour ça Willisau c&#8217;est vrai que c&#8217;est pas mal du tout (mais quand même pas mieux que Cully, pas déconner).<br />
L&#8217;histoire s&#8217;appelle <a href="http://www.jazzfestivalwillisau.ch/programm/hauptbuehne/the-lucerne-chicago-connection/" target="_blank"><strong>The Lucerne Chicago Connection</strong></a>, et comme son nom l&#8217;indique bien, il s&#8217;agit d&#8217;un jumelage des deux villes et de leurs musiciens respectifs. Ils sont six, trois de chaque côté, et ils ont travaillé sous forme de création. Ils sont jeunes, et exactement la même critique que pour le premier soir me vient en tête. N&#8217;y allons pas par quatre chemins… L&#8217;équipe a visiblement eu peu de temps pour peaufiner, alors on fait au plus efficace: on pompe trois ou quatre riffs efficaces au fond d&#8217;une bouteille de gin qui formeront l&#8217;essentiel des moments intéressant du set, mais comme ça fait jamais une heure et quart, on remplit le septante pour cent du temps restant par du bruitisme expérimental qu&#8217;on pourra toujours essayer de faire passer sous l&#8217;étiquette free. Là où mes nerfs ont particulièrement souffert, c&#8217;est que dans l&#8217;affaire il y a de nouveau une vocaliste, et que malgré le fait qu&#8217;elle chante certainement très bien elle préfère utiliser son énergie à se la jouer &laquo;&nbsp;je baille je rote je m&#8217;étire je miaule je grince je vomis ou je joue au ouistiti&nbsp;&raquo;, histoire de faire intéressant plutôt que beau. J&#8217;ai eu de la peine un mercredi soir, je vous raconte pas un dimanche après-midi. Mais comme j&#8217;ai eu l&#8217;excellente idée de me mettre au deuxième rang tout devant, je suis piégé.</p>
<p>Le festival se termine sur… une annulation. <strong>Little Woman</strong>, combo new-yorkais qui avait pourtant tout pour me plaire et dont je me réjouissait d&#8217;avance, ne viendra pas. Vagues souvenirs… Sauf qu&#8217;ici, la raison n&#8217;est pas volcanique mais médicale: un pouce cassé brise toute chance pour un saxophoniste d&#8217;effectuer son travail correctement. Cette coquille nous laisse cependant l&#8217;occasion de constater que Arno Troxler a déjà tout d&#8217;un grand programmateur, puisqu&#8217;il a trouvé une solution de secours, et pas seulement en recrutant des potes de l&#8217;école de jazz: l&#8217;ersatz s&#8217;appelle <a href="http://www.myspace.com/zstheband" target="_blank"><strong>Zs</strong></a>, vient également de New York, et endosse la tâche d&#8217;achever le festival. Et achever, c&#8217;est un terme de choix. Comme j&#8217;ai cru que personne ne me croirait jamais quand j&#8217;essayerais de décrire ce concert par des paroles ou des mots, j&#8217;ai filmé deux minutes au milieu des 45 ininterrompues. Les voici.</p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="400" height="300" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=14620949&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=1&amp;show_byline=1&amp;show_portrait=1&amp;color=00ADEF&amp;fullscreen=1&amp;autoplay=0&amp;loop=0" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="400" height="300" src="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=14620949&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=1&amp;show_byline=1&amp;show_portrait=1&amp;color=00ADEF&amp;fullscreen=1&amp;autoplay=0&amp;loop=0" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p>La moitié de la salle se vide. Des gens crient sur le staff pour récupérer leur argent. Vagues souvenirs… Chapeau, Willisau !</p>
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		<title>Willisau 2010, jeudi 26 août</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Sep 2010 21:57:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Arnaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[En balade...]]></category>

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		<description><![CDATA[Jeudi 26 août: les vieux potes et des bons souvenirs
On va tout de suite me renvoyer à l&#8217;incipit de ce reportage et me reprocher d&#8217;être douillet et casanier, mais honnêtement le lendemain c&#8217;est beaucoup mieux. Le premier groupe c&#8217;est Parrallels, le projet du saxophoniste gnevois...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>Jeudi 26 août: les vieux potes et des bons souvenirs</strong></span></p>
<p>On va tout de suite me renvoyer à l&#8217;incipit de ce reportage et me reprocher d&#8217;être douillet et casanier, mais honnêtement le lendemain c&#8217;est beaucoup mieux. Le premier groupe c&#8217;est <strong>Parrallels</strong>, le projet du saxophoniste gnevois <a href="http://www.myspace.com/nicolasmasson" target="_blank">Nicolas Masson</a>, parti se faire du bien pour quelques années dans la Grande Pomme. Et devinez qui, devinez quoi. Le rhodes est tenu par un certain Colin Vallon, la basse (fermement) par un certain Patrice Moret, et derrière les fûts, un rouquin inconnu notoire qui répond au nom mystérieux de Lionel Friedli. La famille, quoi. En plus d&#8217;y connaître du monde, j&#8217;avais un point de comparaison pour ce groupe: vu quelques mois plus tôt à Berne, j&#8217;en gardais un goût aigre-doux de pas net et de trop compliqué. Je me préparais donc à mobiliser de manière plus efficace mes neurones du régiment free jazz pour être plus réceptif que la veille, mais je n&#8217;ai même pas eu à me donner cette peine. La faute peut-être à la durée amoindrie du set présent en comparaison avec la longue prestation déjà vue, ça groove mieux et j&#8217;y vois immédiatement plus de cohérence: le pied. Simplement, j&#8217;ai le problème inverse qui vient se poser alors que je médite un peu tout ça: derrière Nicolas Masson, un trio avec rhodes et Patrice au milieu, ça me rappelle furieusement quelque chose (indice: <a href="http://www.cullyjazz.ch/fr/edition-2010/festival-off/lieux-du-off/caveau-des-vignerons/?cHash=0bc53d95b5" target="_blank">on y boit du blanc et on n&#8217;y sert pas de bières</a>); un trio avec rhodes et Colin Vallon derrière, ça me rappelle furieusement quelque chose (quoi vous ne connaissez pas <a href="www.myspace.com/contrebandch" target="_blank">Contreband</a> ? Malheur !); une formation avec Lionel Friedli derrière les fûts et un saxo parfois bien énervé devant, ça me rappelle furieusement quelque chose (<a href="http://www.myspace.com/crossoverjazz" target="_blank">suivez mon regard vers Bienne</a>). Du coup, mon jugement jongle un peu dans la jungle jubilatoire de tous ces jeunes qui jouent, et je peine à avoir une oreille objective. Comment ? On s&#8217;en fout ? Ok, alors j&#8217;ai adoré, c&#8217;est tout. Même si ça s&#8217;est un tout petit peu essoufflé sur la fin, je donnerais tout pour voir Lionel jouer avec les mains.</p>
<p>D&#8217;ailleurs, si on s&#8217;en tient à la batterie, la transition avec le deuxième groupe de la soirée est assez pénible. <a href="http://www.myspace.com/officialmeshellndegeocello" target="_blank"><strong>Meshell Ndegeocello</strong></a> a recruté dans les clubs de boxe pour trouver son batteur, et ce dernier n&#8217;a pas de baguette entre les mains mais des bûches. Afin de se prévenir de tout dommage engendré par les copeaux découpés à l&#8217;aide de son instrument, il porte des gants. La variation de volume est une notion qui lui est inconnue, et le dBmètre qui se situe juste en-dessus de la scène est parti boire une bière en attendant que ça se calme. À part ça, chouette concert. Niveau compositions on est quelque part entre Prince et Björk (mon pougnon s&#8217;appelle Carine Zuber et est assis à côté de moi), et les fins de morceaux sont volontairement incertaines et chaotiques. Ça me plait, c&#8217;est juste histoire de rappeler  que la musique reste un immense chantier, une matière à travailler et à remettre en question encore et encore. Comme elle le fait depuis une bonne vingtaine d&#8217;années, Meshell, d&#8217;ailleurs. J&#8217;étais en manque de structures carrées, là c&#8217;est bon merci, plus besoin de dessert, je suis calé.</p>
<p><a href="http://blog.cullyjazz.ch/?p=927" target="_self">La suite c&#8217;est vendredi et c&#8217;est par là</a></p>
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		<title>CosmoJazz: on a testé pour vous</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Aug 2010 13:01:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Arnaud</dc:creator>
				<category><![CDATA[En balade...]]></category>

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		<description><![CDATA[Question: que fait la programmatrice d&#8217;un festival de jazz annuel pour s&#8217;occuper le reste du temps ?
Réponse: elle programme un autre festival de jazz.
Elle nous en avait parlé comme une petite fille viendrait vous expliquer ce qu&#8217;elle a reçu pour Noël. On répondait &#171;&#160;oui&#8230; oui&#8230;&#160;&#187;...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Question: que fait la programmatrice d&#8217;un festival de jazz annuel pour s&#8217;occuper le reste du temps ?</p>
<p>Réponse: elle programme un autre festival de jazz.</p>
<p>Elle nous en avait parlé comme une petite fille viendrait vous expliquer ce qu&#8217;elle a reçu pour Noël. On répondait &laquo;&nbsp;oui&#8230; oui&#8230;&nbsp;&raquo; en regardant ailleurs, mais en fait on savait très bien ce que ça donnerait. Parce que quand Carine décide de faire quelque chose, c&#8217;est un peu comme quand une décision est prise par les vignerons du village ou le club de foot: vous pouvez toujours courir pour y changer quoi que ce soit.</p>
<p>Bref résumé de la situation: un certain André Manoukian (à peine plus connu pour ses qualités d&#8217;homme médiatisé dans l&#8217;hexagone que pour ses talents de pianiste) se pique à vouloir organiser <a title="CosmoJazz" href="http://www.cosmojazzfestival.com/" target="_blank">un festival de jazz</a> chez lui, à Chamonix. Après quelques bouteilles de Chasselas, notre programmatrice obtempère. La première mouture expérimentale a lieu fin juillet, en pleine semaine. L&#8217;idée: des concerts gratuits, mais situés de telle manière que le public doive impérativement d&#8217;une part se confronter à la beauté du lieu, d&#8217;autre part contribuer à la santé financière de la station de Haute-Savoie. On voulait prendre part à l&#8217;expérience à 100%, mais vous savez ce que c&#8217;est. Les longues vacances d&#8217;été se transforment en 2 semaines coincées par-ci par-là, qui se transforment en 3 grasses matinées. On a malheureusement pas eu le temps de voir plus, mais ce jeudi 29 juillet, on y a été.</p>
<p><a href="http://blog.cullyjazz.ch/wp-content/uploads/2010/08/01.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-896" title="Départ" src="http://blog.cullyjazz.ch/wp-content/uploads/2010/08/01-300x225.jpg" alt="La Joconde" width="300" height="225" /></a> On était pas encore partis qu&#8217;on savait déjà que ça n&#8217;allait pas se passer vraiment comme on l&#8217;aurait voulu. Initialement planifié à 11h, le concert de Malcolm s&#8217;est vu largement repoussé dans l&#8217;après-midi, réduisant à néant nos chances de pouvoir rester là-haut suffisamment longtemps pour le voir. Un aller-retour, un seul concert. Du coup, on s&#8217;autorise la 4ème grasse matinée de l&#8217;été, et on se met en route un poil plus tard.</p>
<p><a href="http://blog.cullyjazz.ch/wp-content/uploads/2010/08/02.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-897" title="Fendant" src="http://blog.cullyjazz.ch/wp-content/uploads/2010/08/02-300x225.jpg" alt="La Joconde" width="300" height="225" /></a>Quand on passe dans les fendants, on sait pas trop à quoi s&#8217;attendre là-haut. Le ciel semble bien parti pour nous tomber sur le crâne, et comme personne de notre fière équipée n&#8217;a la moindre idée de l&#8217;organisation logistique du truc, on nage dans l&#8217;inconnu le plus total. Heureusement qu&#8217;on a de la musique de qualité pour nous aider à garder le moral dans la voiture, et qu&#8217;on évite les pièges des vendeurs d&#8217;abricots importés d&#8217;Ouzbekistan vicieusement nichés sur les bas côtés.</p>
<p>Quand on arrive en station, la météo n&#8217;a pas vraiment l&#8217;air de vouloir nous foutre la paix. D&#8217;expérience il doit y avoir quelques montagnes assez hautes là-autour, mais on les voit pas vraiment. Un coup de fil à Carine nous renseigne un peu plus avant: ce qu&#8217;on vise a bel et bien lieu, simplement un peu plus à l&#8217;abri que prévu. Mine de rien, on doit quand même s&#8217;embarquer dans un traclet pas franchement bon marché, qui fait office de ponton d&#8217;embarcation à destination de la planète jazz.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://blog.cullyjazz.ch/wp-content/uploads/2010/08/03.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-899" title="Embarcation" src="http://blog.cullyjazz.ch/wp-content/uploads/2010/08/03-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a>Allons bon. On avait l&#8217;habitude de voir des concerts au bord d&#8217;un lac, nous voilà au bord d&#8217;une mer de glace. Et pas n&#8217;importe laquelle, vu que le concert a lieu à Montenvers: nom absolument pas inconnu de tous les alpinistes qui partent pour le sommet du Mont Blanc, et qui est également celui d&#8217;un hôtel restaurant qui borde le plus grand glacier d&#8217;Europe. Excusez du peu.<a href="http://blog.cullyjazz.ch/wp-content/uploads/2010/08/07.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-906" title="Mer de glace" src="http://blog.cullyjazz.ch/wp-content/uploads/2010/08/07-225x300.jpg" alt="La Joconde" width="225" height="300" /></a></p>
<p>Parce que quand même, si on se farci 3 heures de route et 1 heure de crémaillère dans la journée c&#8217;est quand même pas pour rien. Carine nous a satellisé à cette hauteur une formation venue de Londres, qu&#8217;on a juste juste pas réussi à caser dans notre grille de 2010: <a title="Portico Quartet" href="http://porticoquartet.com/" target="_blank">Portico Quartet</a>, déjà détecté par nos services secrets depuis belle lurette, et balisé plutôt en fluo genre &laquo;&nbsp;attention génie&nbsp;&raquo; à moult reprises. Ils auraient dû jouer dans un cirque de glace, mais vu la roye et les orages à répétition (et pas franchement conciliants à une telle altitude), on les a repliés sous un auvent à l&#8217;arrivée du train. Une demie-heure de délai, et roulez jeunesse.</p>
<p><a href="http://blog.cullyjazz.ch/wp-content/uploads/2010/08/04.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-901" title="Portico" src="http://blog.cullyjazz.ch/wp-content/uploads/2010/08/04-300x225.jpg" alt="La Joconde" width="300" height="225" /></a> Gelés, les anglois.</p>
<p>Ils ont empruntés à la va-vite les vestes de ski des responsables du domaine, et emmitouflés dedans ils essayent tant bien que mal de se réchauffer et de faire abstraction. Mais finalement, ça va avec. C&#8217;est le concert le plus haut qu&#8217;ils aient jamais fait de leur (encore) brève carrière, l&#8217;annoncent presque comme une excuse de souffler dans leurs mains entre chaque morceau. Une particularité du groupe: la rythmique est renforcée par un joueur de <a title="Hang" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Hang" target="_blank">Hang</a>, cet espèce de steel drums retourné qui ressemble à un wok cabossé. Importé au compte-goutte depuis les lointaines contrées dans lesquelles il est fabriqué à l&#8217;abri des regards indiscret (Berne), cet instrument commence de plus en plus à faire parler de lui. On en voit sur scène aux côtés des Young Gods par exemple, et dans le cas présent l&#8217;idée est de donner tout à la fois un renfort mélodique et rythmique aux compositions.</p>
<div id="attachment_902" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><a href="http://blog.cullyjazz.ch/wp-content/uploads/2010/08/05.jpg"><img class="size-medium wp-image-902 " title="Hang" src="http://blog.cullyjazz.ch/wp-content/uploads/2010/08/05-300x199.jpg" alt="La Joconde" width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">Nick Mulvey joue du Hang en veste de ski (photo de xurxx)</p></div>
<p>C&#8217;est un petit peu devenu la marque de fabrique de Portico Quartet,  leur argument médiatique. C&#8217;est dommage. Il faut pas oublier d&#8217;écouter  un peu ce qu&#8217;ils font aussi, et de là comprendre ce qui les intéressent  dans le Hang. Tout tient en équilibre entre eux, et la hauteur du  concert donne presque le vertige quand on se plonge dans les longs  morceaux calmes. Laissant de côté des structures rigides où les soli se  répondraient ou s&#8217;enchaineraient, ils préfèrent une évolution purement  collective qui laisse toute la place nécessaire à une créativité de  l&#8217;instant. Le résultat est étonnamment homogène, et on en ressort  lessivé comme après une bonne séance de médiation contemplative ou  d&#8217;introspection mentale (une bonne sieste, quoi).</p>
<p>Le concert dure une bonne heure. Le public est panaché: il y a ceux qui sont venus pour, il y a le staff qui est dedans depuis 3 jours (les bienheureux), il y a les alpinistes tout en cordes et en piolets qui sont contents d&#8217;avoir quelque chose à faire par ce mauvais temps, il y a les indiens qui sont venus voir le plus grand glacier d&#8217;Europe, il y a Carine qui plane 3 mètres au-dessus du sol, et il y a André Manoukian, qui remercie le groupe après sa prestation en disant que cette musique a été faite pour cette montagne. Singulier compliment si on se souvient de la banlieue de Londres de laquelle ces quatre garçons dans le vent sont issus, mais n&#8217;empêche: si les morceaux de Portico Quartet se lovent aussi bien dans ce cirque montagneux rigide et froid, c&#8217;est probablement parce que l&#8217;instant du live et le contexte présent offre une tournure particulière au son façonné. C&#8217;est surtout aussi dû à l&#8217;intelligence de programmer ce groupe-ci à ce moment-là et à cet endroit. Parce que si, sur la Place d&#8217;Armes, le regard des artistes s&#8217;échoue sur la vague des spectateurs assis devant eux dans le Chapiteau, les londoniens eux ils ont joué huitante minutes face à ça:</p>
<p><a href="http://blog.cullyjazz.ch/wp-content/uploads/2010/08/06.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-903" title="panorama" src="http://blog.cullyjazz.ch/wp-content/uploads/2010/08/06-300x225.jpg" alt="La Joconde" width="300" height="225" /></a>Et c&#8217;est pour ça qu&#8217;on l&#8217;aime, Carine.</p>
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		<title>Cully Jazz sous les Pommiers, le début.</title>
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		<pubDate>Mon, 17 May 2010 18:54:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JYC</dc:creator>
				<category><![CDATA[En balade...]]></category>

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		<description><![CDATA[Il est parfois dit que le festival de Coutances est celui se rapprochant le plus de Cully, par son esprit et sa sympathie. La pertinence d&#8217;une telle assertion imposait de devoir être vérifiée par un constat visuel, sur place, sous les pommiers et la pluie....]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Il est parfois dit que le festival de Coutances est celui se rapprochant le plus de Cully, par son esprit et sa sympathie. La pertinence d&#8217;une telle assertion imposait de devoir être vérifiée par un constat visuel, sur place, sous les pommiers et la pluie. Ces deux derniers éléments sont peut-être les emblèmes essentiels de la Normandie, tout du moins dans l&#8217;image que l&#8217;on s&#8217;en fait d&#8217;ici. Force a été de constater que, d&#8217;une part, n&#8217;étant pas motorisés, nous n&#8217;avons pas pu découvrir la campagne de Basse-Normandie, et d&#8217;autre part, l&#8217;aura du festival rayonnant encore probablement autour de nous, nous n&#8217;avons vu que le Soleil.  <span id="more-803"></span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">Nous sommes donc partis, Carine et moi, surchargés de nos habits &laquo;&nbsp;spécial-déluge&nbsp;&raquo;, prêts à en découdre avec les Tempêtes atlantiques. Quatre heures de train, arrivée à Paris, rencontres multiples et variées, prise de position vers la Bastille, puis direction Marais. Un quartier &laquo;&nbsp;hype&nbsp;&raquo;, où les boutiques croisent les cafés branchés, et où l&#8217;on a pu découvrir un tout nouveau Centre Culturel Suisse. Le CSS (pour les intimes) accueille à présent une libraire centrée sur l&#8217;art helvétique, et bien que nous n&#8217;ayons pu trouver un exemplaire de &laquo;&nbsp;Cully Memory&nbsp;&raquo;, le lieu s&#8217;est avéré charmant, sans doute grâce à l&#8217;accueil d&#8217;un de ses directeurs qui nous a présenté l&#8217;exposition en cours avec intelligence et passion. Malgré le peu d&#8217;affinité que j&#8217;ai pour les arts visuels, je suis toujours fasciné de voir à quel point j&#8217;apprécie autrement une exposition lorsqu&#8217;elle m&#8217;est présentée par un professionnel, et à quel point il devrait en être ainsi pour tous les arts, à chaque fois. La musique est totalement différente à écouter lorsque l&#8217;on est musicien, producteur, journaliste ou simple mélomane, et toutes ces expériences devraient être communiquées pour véritablement comprendre ce qu&#8217;il se passe, lors d&#8217;un concert. Trop dur, trop compliqué, le problème est peut-être la simultanéité des actions requises: comment expliquer la musique et comprendre l&#8217;explication en même temps que l&#8217;on doit ressentir les choses et les vivre en connaissance de cause ? Le drame de la musique est peut-être liée au fait que tout le monde puisse avoir un avis (comme les trous du c..).</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<div id="attachment_804" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-804" title="Le quartet de Tobias Preisig au CCS de Paris" src="http://blog.cullyjazz.ch/wp-content/uploads/2010/05/img_0110-300x225.jpg" alt="Le quartet de Tobias Preisig au CCS de Paris" width="300" height="225" /><p class="wp-caption-text">Le quartet de Tobias Preisig au CCS de Paris</p></div>
<p>Quoiqu&#8217;il en soit, nous n&#8217;avons pas atterri au CSS par hasard, puisque nous y avons retrouvé notre ami Tobias Preisig (et bien sûr Stefan Rusconi, André Pousaz et Michi Stulz) qui donnait un concert dans l&#8217;endroit. Salle bien remplie, étonnant vu l&#8217;endroit et la réputation de Tobias à Paris – peut-être que le CSS est en train d&#8217;acquérir une renommée importante dans ce créneau – mais toujours est-il que le froid public français a réservé un bon accueil au jeune violoniste. Découvrez-le vite en concert près de chez vous, il le mérite. Comme dans Astérix, cette histoire s&#8217;est bien entendu terminée autour d&#8217;un banquet convivial dans un resto libano-brésilien (caïpi et mezze) à une heure indécente.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">Le lendemain, départ en fin de matinée gare St-Lazard pour Caen, Bayeux (et sa tapisserie), Saint-Lô, puis Coutances. Gros village de plus de 9000 habitants, on l&#8217;imagine volontiers triste et abandonné en hiver (tiens, tiens&#8230;), sous la pluie battante, un chien hurlant au loin, dans la pénombre d&#8217;un jour finissant avant d&#8217;avoir véritablement commencé&#8230; mais non, gros bourg plein de vie, plein de voitures et de stands, d&#8217;affiches violettes, des gens souriants, un chauffeur moustachu (fils improbable de Tom Selleck et Magnum), dont on retiendra l&#8217;anecdote essentielle qu&#8217;en tant que directeur d&#8217;école, il a demandé son transfert en Basse-Normandie pour pouvoir être bénévole au festival. Hyper bien.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<div id="attachment_805" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-805 " title="Coutances photo 1" src="http://blog.cullyjazz.ch/wp-content/uploads/2010/05/photo0028-300x225.jpg" alt="Vue sur le Théâtre et une scène gratuite en plein air" width="300" height="225" /><p class="wp-caption-text">Vue sur le Théâtre et une scène gratuite en plein air</p></div>
<p>On vient nous chercher, on nous amène à l&#8217;Hôtel où nos chambres sont réservées, on nous amène sur le site du festival, la classe. Des bureaux agités, des téléphones qui hurlent à tout va, des journalistes pressés, des badges qui virevoltent au gré des mouvements incessants de bénévoles sur-motivés, on y est, et on y est en touriste. Alors on attend, on n&#8217;est pas pressés, on se renseigne, qu&#8217;est-ce qui est où, qu&#8217;est-ce qu&#8217;il y a de bien par là, où est-ce qu&#8217;on peut manger, boire un verre, on devient des festivaliers et on se pose mille questions que l&#8217;on tient pour évidentes à Cully, alors on apprend à ne pas savoir. On découvre la communication somptueuse de Jazz sous les pommiers, les imprimés fort bien réalisés, et&#8230; les badges écrits à la main. Au fait, les concerts, c&#8217;est où ? Juste là, à deux minutes, c&#8217;est petit, agréable, on s&#8217;y retrouve tout de suite, et on y va tout de suite.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">Matthew Herbert Big Band: 4 sax, 4 trompettes, 4 cuivres divers, piano, basse, batterie, un chef d&#8217;orchestre, une chanteuse, et les machines de Matthew. Hallucinant à voir. Une énergie folle, la nana perchée sur ses immenses talons donne envie d&#8217;arracher les sièges du théâtre pour danser avec elle, les compos sont terribles et tout le monde joue. A dégonfler des ballons, à déchirer des journaux, à souffler de travers, ils s&#8217;amusent. Sauf le batteur. Un regard intense, foudroyant et infatigable le lie au chef. Il réagit à la milliseconde, l&#8217;air devient solide entre les deux. Pendant ce temps, Matthew fait des boucles, repique la voix de la chanteuse, celle du public, celle des journaux qu&#8217;il froisse, et s&#8217;amuse, encore et encore. Whow. Un grand moment de <em>fun</em>. Comme mise en jambe sous les pommiers, c&#8217;est plutôt réussi.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;"><a href="http://blog.cullyjazz.ch/?p=808" target="_self"><em>La suite ici.</em></a></p>
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		<title>Cully Jazz sous les Pommiers, suite</title>
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		<pubDate>Mon, 17 May 2010 18:07:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JYC</dc:creator>
				<category><![CDATA[En balade...]]></category>

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		<description><![CDATA[Comme on n&#8217;a pas fait tout ce trajet pour rigoler, on s&#8217;est immédiatement dirigés vers l&#8217;autre grande salle payante du festival: la Salle Marcel Hélie (du nom de Marcel Hélie, mais on n&#8217;a pas demandé pourquoi). Dhafer Youssef y rencontre Tigran Hamasyan de façon spectaculaire....]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">Comme on n&#8217;a pas fait tout ce trajet pour rigoler, on s&#8217;est immédiatement dirigés vers l&#8217;autre grande salle payante du festival: la Salle Marcel Hélie (du nom de Marcel Hélie, mais on n&#8217;a pas demandé pourquoi). Dhafer Youssef y rencontre Tigran Hamasyan de façon spectaculaire. La voix de l’oudiste tunisien tirerait des larmes aux pierres, Tigran développe des trésors d’inventivité et de subtilité à son piano, le courant passe, le public est emballé. Et Mark Giuliana bon sang ! Terrible. Monstrueux. Maîtrise, puissance, finesse, rage, douceur, tout et son contraire seraient nécessaires pour décrire le jeu de ce batteur hors du commun. Quel bonheur de pouvoir s’asseoir dans un festival, regarder un concert d’un bout à l’autre, et se rendre compte que, quand même, le jazz c’est malade.<span id="more-808"></span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">Sans attendre que le camembert se mette à couler sur la table (une expression normande courante), avec Carine, on descend en backstages, of course, pour se dépêcher d’aller les féliciter. Il faut dire que lors du trajet Paris-Coutances, on a dû changer de train à Caen, et pendant la pause-clope nécessaire (chaque heure, réglée comme une montre suisse), je vois passer une caisse en alu de la forme d’un oud en direction du bistrot de la gare. Naturellement, c’était Dhafer, qui du coup nous a offert les cafés et nous a invité à causer avec lui le reste du trajet. Coïncidence suprême, il dort dans le même hôtel que nous… Donc en backstages, on le félicite chaudement et on se réjouit de la voir en Suisse prochainement. C’est pas impossible qu’il nous dit, mais c’est pas encore officiel. Ouais-ouais-ouais.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">A côté de là se trouve le resto staff-artistes, correct, portions de bûcheron (entrée, salade, plat, dessert, café, vin, burp.), où l’on partage notre repas avec un des milliers d’amis que l’on s’est fait là-bas. Vraiment des bénévoles incroyables, les mêmes blagues, la même ambiance, juste les prénoms qui changent. Les rires sonores, les coups de rouge et de blanc, des salut-merci en continu, le pied.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
<div id="attachment_809" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-809 " title="Coutances 2" src="http://blog.cullyjazz.ch/wp-content/uploads/2010/05/photo0036-300x225.jpg" alt="La salle Marcel Hélie, et la pub pour le calvados..." width="300" height="225" /><p class="wp-caption-text">La salle Marcel Hélie, et la pub pour le calvados...</p></div>
<p>Encore plus tard, encore un concert, la première rencontre d’Omar Sosa et de Trilok Gurtu, dans la grande salle (1500 places), toujours pleine (remplissage à 98% du festival…), se déroule avec fraîcheur et simplicité, malgré l’appréhension palpable du pianiste. Trilok laisse chanter ses tablas, Omar suit avec son sourire éclatant, et pour un essai, il est magnifiquement transformé. Le manque de profondeur usuel dans ce type d’exercice s’est peut-être ressenti au bout de l’heure et quart de concert, mais la capacité qu&#8217;ont les jazzmen à jouer ensembles sans s&#8217;être parfois même parlés une heure auparavant m&#8217;impressionne toujours.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">Un dernier tour au Magic Mirrors, une sorte de salle-cabaret en bois amovible, reconstitution d’un vestige du XIXème, sur le parvis de la cathédrale, pour y voir un trompettiste minimaliste jouant fortement du delay (Jon Hassel, Nils Peter Molvaer, Erik Truffaz, et bien sûr, le grand Miles caché dans un coin) nous a enchantés un petit moment distrait avant la rentrée sur les rotules à l’hôtel.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">Le vendredi fut le jour sans musique. Pas grand chose que nous voulions nécessairement voir, nous avons donc soignés nos relations publiques et nos amitiés, ceci avec l’entraînement de Cully dans les pattes. La rencontre d’un ami agent à l’hôtel nous a ouvert de brillantes perspectives pour cette journée enchanteresse. Pas de nuage à l’horizon et un possible rendez-vous pour midi nous a conduits sur les routes de la campagne normande direction la Manche. Un peu perdus, un peu au hasard, nous étions quatre, le toit ouvrant laissant pénétrer le Soleil généreux, et nous sommes tombés sur la Cale, une gargotte, un taudis, une épave échouée dont un grand Belge nous avait vanté les mérites la veille avec véhémence. Des huîtres fraîches comme la rosée, succulentes, sur la plage, devant le ballet des pêcheurs, déboulent par douzaines pour nous faire patienter. Arrivent les coquilles St-Jacques, dont la finesse n’a pas pu surpasser le gras des frites les accompagnant (quel mélange, mais quelle idée !), tout ceci étant vite oublié par le Chardonnay, une bouteille, deux bouteilles, hem. Quelques mètres plus tard, nous nous arrêtons vers les Belges, qui, pour l’occasion, ont utilisés la France comme trait d’union entre la Suisse, l’Angleterre et le plat pays en émeute. Jean-Pierre Bissot, directeur du <a href="http://www.gaume-jazz.be/" target="_blank">Gaume Jazz Festival</a> était en train de présenter son programme à la vingtaine de ses collaborateurs bénévoles ayant décidés de passer leurs vacances de l’ascension à Coutances. La gaité de ces intenables lurons étant contagieuse, l’après-midi était déjà bien engagée (en temps et en alcool) lorsque nous sommes retournés à Jazz sous les pommiers, bras dessus bras dessous avec les amateurs de jazz et de frites, ainsi que Oliver, un Anglais incompréhensible ayant à charge le <a href="http://www.vortexjazz.co.uk/" target="_blank">Vortex</a>, un club de jazz londonien.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
<div id="attachment_810" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-810 " title="Coutances 3" src="http://blog.cullyjazz.ch/wp-content/uploads/2010/05/photo0035-300x225.jpg" alt="Hé oui, c'est interdit de picoler hors de l'enceinte du festival... On essaye à Cully ?" width="300" height="225" /><p class="wp-caption-text">Hé oui, il interdit de picoler hors de l&#39;enceinte du festival... On essaye à Cully ?</p></div>
<p>C’est donc tout naturellement que nous avons désertés les salles de concert ce jour-ci pour tester le cidre et le calvados avec la cohorte de Belges, ainsi que les caves où ça jamme jusqu’à 5h du mat’. L’occasion de : 1. croiser Denis, le sympathique directeur du festival, pas en train de bosser, 2. de reboire un coup de cidre pour être sûr, avec sa non-moins sympathique collègue Edwige également en pause, 3. de taper dans les mille camemberts de la région, avant de, 4. rentrer un peu ému (fati-bourré ?) pour dormir un peu. On a appris plein de choses dans ces caves. Une liste indécente de confirmations sur le premier argument cité, à savoir la proximité de Coutances et de Cully. Même type d’organisation, mêmes combats, même investissement du village, même esprit de découverte du jazz, même budget. Mais avec un peu plus de soutien public. Une bricole. Cinq fois plus. Quand même. C’est la France, paraît-il. Et c’est sûrement grâce à cela que les prix des billets sont aussi bas. Un autre point marquant : la crédibilité monstrueuse du festival auprès de son public. 1500 personnes pour voir Dhafer Youssef, c’est incompréhensible, inimaginable ailleurs. Ceci dit, la vue est naze à Coutances. Hé hé.</p>
<p><a href="http://blog.cullyjazz.ch/?p=814" target="_self"><em>La fin par-là.</em></a></p>
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		<title>Cully Jazz sous les Pommiers, fin</title>
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		<pubDate>Mon, 17 May 2010 18:04:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JYC</dc:creator>
				<category><![CDATA[En balade...]]></category>

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		<description><![CDATA[Samedi matin, 11h50, réveil en fanfare, L’obligation à accomplir absolument, une rencontre (à notre hôtel, ouf) à midi entre les différents professionnels présents sur le site, histoire d’échanger des cartes de visites, des CD, des blagues sur les musiciens casse-pied, des filons sur les prochaines...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">Samedi matin, 11h50, réveil en fanfare, L’obligation à accomplir absolument, une rencontre (à notre hôtel, ouf) à midi entre les différents professionnels présents sur le site, histoire d’échanger des cartes de visites, des CD, des blagues sur les musiciens casse-pied, des filons sur les prochaines stars, d’autres CD, et aussi, pff, de boire des coups, manger des huîtres, des petits fours. Rencontre intéressante pour ma part avec deux Israéliens s’occupant d’un club fonctionnant  sept jours sur sept à Tel-Aviv, plus un festival pour être sûr de ne pas s’ennuyer. Ils ont accueillis y a quelques temps le projet de John Zorn sur cinq jours avec des musiciens indigènes, et, pour le fun, Mike Patton. Carine soigne ses relations publiques je la laisse avec un Belge et me dirige vers le festival avec Oliver et Jean-Pierre pour visiter la Cathédrale. C’est beau une cathé finie, y a rien à faire. Bien gothique, imposante, magnifiquement éclairée la nuit, elle écrase. Il faut vraiment y croire pour vouloir bâtir un monument pareil.<span id="more-814"></span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
<div id="attachment_815" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-815 " title="Coutances 4" src="http://blog.cullyjazz.ch/wp-content/uploads/2010/05/photo0033-300x225.jpg" alt="La cathédrale de Coutances avec le Magic Mirrors, la troisième salle payante du festival" width="300" height="225" /><p class="wp-caption-text">La cathédrale de Coutances avec le Magic Mirrors, la troisième salle payante du festival</p></div>
<p>La picole de la veille était très sympa, mais on est quand même là pour le jazz, alors aujourd’hui, les objectifs sont fixés, et ça s’enchaîne.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">D’abord, un type étonnant qui souffle dans des coquillages, en pseudo-acoustique dans une église. Il crée des boucles, pose son truc. Les coquillages c’est rigolo, mais c’est pas facile à accorder… C’est dans le cadre d’un concept de Triple Solo, où avec le même billet, on peut aller voir trois concerts qui ont lieu simultanément dans trois lieux différents, trois fois de suite. Je pense que ça aurait été plus simple de faire bouger les musiciens plutôt que le public, mais enfin, ça fait découvrir la ville.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">Andy Sheppard et sa création Glossolalia au théâtre fut un moment d’intense émotion. Un cœur de 100-120 personnes, de la région, avec quelques Anglais, sur scène, dirigé d’une main de maître par Sian Croose, qui dégageait, même de dos, une énergie folle. L’échange entre le cœur et les tablas du percussionniste (probablement indien…) m’a épaté, la puissance de tout ce monde est totalement époustouflante.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">Direction ensuite le théâtre et ses 600 places. J’avais promis à Denis Colin, croisé la veille à un bar, que j’irai écouter attentivement son projet La Société des Arpenteurs. J’adore ce mot « arpenteurs ». Il m’avait déjà frappé dans un bouquin de Robbes-Grillet il me semble, il fait partie de ces mots au fort pouvoir évocateur, quasi onirique, sans que l’on sache vraiment pourquoi. Un promeneur ou un déambulateur, c’est vraiment pas pareil. Denis Colin, donc, avec une flûte, un sax , un autre sax, une trompette, une guitare, une contrebasse, une batterie, un clavier-sampleur, et une clarinette basse. Des compositions étonnantes pour un line-up riche, des musiciens excellents, une atmosphère tout à fait particulière. Peut-être un manque d’émotion, on assiste à une représentation plus que l’on vit un moment de partage, mais le concert était vraiment étonnant – devant une salle comble, encore une fois hors de mon champ explicatif.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">
<div id="attachment_816" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-816" title="Coutances 5" src="http://blog.cullyjazz.ch/wp-content/uploads/2010/05/photo0038-300x225.jpg" alt="Carine et sa nouvelle amie journaliste de France 3" width="300" height="225" /><p class="wp-caption-text">Carine et sa nouvelle amie journaliste de France 3</p></div>
<p>Un crochet par le village pour découvrir la rue des stands (2010, année de la saucisse, ils ont aussi compris ça là-bas) et voir Carine se faire interviewer par France 3 (ça s’invente pas). Une ambiance fête de village, ponctuée par des artistes de rues et des amateurs, le beau temps toujours de la partie.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">Retour au théâtre pour voir la sensation du moment, autre coup de flair d’Arnaud (après Denis Colin) qui m’en avait parlé avec insistance : Portico Quartet. Un groupe de colocataires, sax, basse, batterie et hang, très intéressant. La hang apporte cette touche de mystère aérien (un peu comme un vibraphone) qui rend cette musique difficilement descriptible. Tout en finesse, tout en souplesse, mais avec une certaine maîtrise malgré leur jeune âge, ces quatre Anglais étonneront le monde. Futur E.S.T. pour certains – comparaison n’est pas raison – ou simple effet de monde pour d’autres, difficile de dire de quoi leur avenir sera fait, mais à Coutances, la standing ovation n’était pas de trop pour les saluer dignement. On en reparlera en Suisse, c’est certain, peut-être à Cully, ou pas, mais on en reparlera. Carine file en backstage pour essayer de les faire marcher à travers la montagne pendant que je monte voir le duo de méga-stars, les mirifiques, les hallucinants, les monstrueux Brad Mehldau et Joshua Redman.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">Malgré sa richesse, la langue française est bien trop pauvre pour pouvoir rendre compte objectivement d&#8217;un tel concert. Les superlatifs sont trop rares à ce niveau. D&#8217;un côté, Joshua et ses deux saxophones, de l&#8217;autre Brad et son piano. C&#8217;est tout. Pas de retours sur scène, quelques micros, le minimum, l&#8217;essentiel. Carine me disait que depuis &laquo;&nbsp;Compass&nbsp;&raquo;, son album sorti en 2009, Joshua était vraiment monté dans de très hautes sphères, libéré du poids de la filiation, hors de contraintes, de la démonstration technique. Un vent réellement nouveau l&#8217;habite, son jeu est émotionnel, sa concentration et son plaisir débordent de toutes parts, son talent n&#8217;est définitivement plus à prouver. Dans son interaction avec son ami, il pose, propose, brode, et enchante avec brio dans des envolées impressionnantes de maîtrise. Brad pendant ce temps, également libéré des faiblesses de son passé, ouvre la voie. Il est peut-être déjà un maître incontesté du piano. Son toucher extraordinaire, sa subtilité, sa posture intrigante et fascinante, son rapport complexe à l&#8217;instrument font que l&#8217;on ne se lasse jamais vraiment de le regarder, de l&#8217;écouter, de le suivre et d&#8217;en redemander. Cette rencontre inouïe, dixième date d&#8217;affilée (&laquo;&nbsp;La musique vient toute seule à présent&nbsp;&raquo; a-t-il dit à son agente) était une occasion exceptionnelle de les voir, et le public l&#8217;a bien senti. Une tension palpable, à la hauteur des attentes d&#8217;un tel événement, se propageait durant chaque chanson. Les explosions libératrices bouillonnent encore (malgré le réveil difficile lors de l&#8217;allumage brutal de la salle), la reprise de &laquo;&nbsp;Lithium&nbsp;&raquo; résonnera pour un long moment dans mon pauvre esprit tout retourné.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">Terminer le festival de cette façon était un cadeau magnifique de Jazz sous les Pommiers qu&#8217;on ne peut oublier. Un grand merci à Denis, Edwige, Corinne, le chauffeur moustachu, et les 250 bénévoles du festival qu&#8217;on a croisé durant ces trois jours. On tâchera de revenir, huit heures de train, c&#8217;est rien finalement. D&#8217;ailleurs, ça m&#8217;a à peine laissé le temps de terminer ceci.</p>
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